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Salamandre tachetée

Son nom scientifique a tout l’air d’une formule magique : « Salamandra salamandra » ! Son surnom, « salamandre de feu », nous renvoie aussi à un passé magique. L’animal se cachait dans les tas de bois et ne se montrait que lorsque eux-ci se mettaient à brûler. Ce dragon miniature a ainsi acquis – à tort – la réputation de naître au milieu des flammes. Les couleurs vives de la salamandre tachetée ont une signification importante : mieux vaut ne pas s’y frotter, car elle est venimeuse !

Tout sur la salamandre tachetée

Reconnaître la salamandre tachetée

(Salamandra salamandra)

Aucun autre animal ne ressemble à la salamandre tachetée, impossible de s'y tromper ! Par contre, la repérer est plus difficile. Cet amphibien est rare, nocturne et maîtrise l’art de la dissimulation à la perfection. Ce dragon miniature privilégie les conditions automnales et humides pour rechercher un partenaire ; c’est aussi le meilleur moment pour l’apercevoir ! Contrairement aux autres salamandres belges, la salamandre tachetée est une espèce principalement terrestre. Voici ses caractéristiques :

  • nos plus grandes salamandres mesurent jusqu’à 20 cm de long
  • la peau de son dos est luisante et son ventre mat
  • elle est noire (ou gris-bleu sur le ventre) et présente des taches jaunes
  • certains spécimens sont entièrement jaunes ou ont des taches orange et non jaunes
  • son venin est sécrété par des glandes situées sur la tache jaune en forme de haricot au niveau de ses « oreilles »
  • sa queue est ronde
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Le régime de la salamandre tachetée est varié et principalement carnivore. Elle attrape ses proies d’un coup de langue rapide et est particulièrement friande d’escargots, de mille-pattes, de vers de terre, de chenilles et d’araignées. Les larves sont également de redoutables chasseuses mais visent des proies plus petites comme les larves d’insectes, les amphipodes et les vers.

Habitat

La salamandre tachetée vit dans les forêts de chênes et de hêtres disposant de surfaces humides telles que des ruisseaux et des mares. Elle se dissimule dans l’épaisse couche d’humus de ces forêts de feuillus pendant la majeure partie de l’année. L’Ardenne compte plusieurs populations, mais de l’autre côté de la frontière linguistique, cet amphibien ne se rencontre qu’en Flandre orientale et dans le Brabant flamand. La limite nord-ouest de sa zone de répartition traverse d’ailleurs la Flandre.

La salamandre et l’amour

La saison des amours a lieu en automne. Le mâle est aux aguets et redresse la partie supérieure de son corps. Au lieu de se placer au-dessus, il se glisse sous la femelle et l’enserre de ses pattes antérieures avant de déposer son spermatophore, un petit paquet de sperme, sur le sol.

La femelle collecte le spermatophore dans son cloaque pour qu’il féconde ses ovules. Ce processus n’est pas toujours immédiat, il se déclenche quand elle en ressent le besoin. La salamandre tachetée est ovovivipare, ce qui signifie que les embryons se développent dans le corps de la femelle. Lorsque les larves sont prêtes à naître, la femelle se retire dans une étendue d’eau claire. Elle met alors au monde ses petits (jusqu’à 50 individus de 2,5 à 3,5 cm). Pour limiter les risques, toutes les larves ne naissent pas au même moment.

Après 3 à 5 mois, les larves arrivent à l’âge adulte. Elles mesurent à présent 4 à 7 cm de long et ne mangent presque rien. Elles se rendent sur la terre ferme et prennent leur forme juvénile de salamandre noir et jaune mais ne présentent pas encore leurs taches d’adultes. Elles ne seront en âge de se reproduire qu’à partir de 6 ans.

Larve de salamandre tachetée
Larve de salamandre tachetée

Relation avec l’homme

À l’heure actuelle, la salamandre tachetée est gravement menacée par un champignon arrivé en Europe via le transport d’amphibiens venus d’Asie. Aux Pays-Bas, plus de 95 % de la population s’est éteinte des suites de la maladie. Heureusement, la situation n’est pas aussi dramatique en Belgique. Cet article vous donne davantage d’informations sur la problématique et le plan à l’étude pour sauver ce magnifique amphibien.

La salamandre tachetée doit pourtant faire face à d’autres difficultés. Le réchauffement climatique assèche les forêts qui constituaient autrefois l’habitat idéal pour la naissance de ses larves. Pour ce faire, l’animal a besoin d’eau claire, qu’il ne peut trouver qu’à l’écart des activités agricoles. Les zones nécessaires à la survie de l’espèce se font de plus en plus rares.

Enfin, ce dragon miniature est toujours capturé illégalement pour servir d’animal de compagnie en dépit des programmes de protection. Réfléchissez avant d’agir, car la détention d’amphibiens est de toute façon interdite en Belgique. Voudriez-vous voir disparaître cet animal fabuleux à tout jamais ?

Saviez-vous que la salamandre tachetée…

  • est reconnaissable à ses taches ? Chaque spécimen est unique !
  • sécrète un venin qu’aucune autre espèce animale ne produit ? Il sert non seulement de système de défense, mais a aussi une action antibactérienne
  • peut excréter son venin à plus d’un mètre ? Cet acte est précédé d’une posture menaçante : la salamandre tachetée se dresse sur ses pattes, courbe le dos et baisse la tête. Plus la salamandre est âgée, plus elle est venimeuse.
  • est extrêmement protégée ? Elle ne peut être touchée que sur autorisation, par exemple dans un but scientifique.