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Les forêts résilientes, pour lutter contre les changements climatiques

Le mois dernier, la ministre wallonne de l’Environnement lançait le projet pilote « Forêt résiliente ». Celui-ci vise à limiter les effets des changements climatiques sur les forêts du sud du pays, déjà fortement touchées. Comment va fonctionner ce projet ? Qui peut y participer ? Découvrez tout dans cet article.

Le 9 avril, la Ministre Céline Tellier présentait un nouveau projet de la région wallonne, « Forêt résiliente ». Le but ? Aider les forêts à se régénérer pour lutter contre la sécheresse et les changements climatiques. Et cette problématique fait partie des préoccupations majeures depuis quelques années, car la Belgique fait partie des pays souffrant le plus de stress hydrique. Concrètement, cela signifie que nous utilisons plus d’eau que nous n’en avons à disposition. Mais comment est-ce possible dans un pays où il pleut autant ? Tout simplement parce que l’eau n’a pas le temps ou la possibilité de pénétrer dans le sol. En Belgique, on considère que 98 % de la population vit dans une zone urbaine avec 374 habitants au km2 en moyenne (215 pour la Wallonie, 7500 à Bruxelles et 487 pour la Flandre). Résultat : une bonne partie du territoire est asphaltée, ce qui empêche l’eau de pluie d’entrer en contact avec la terre. Elle va soit déborder, soit s’évaporer. Et à cause du réchauffement climatique, les périodes de pluie ont tendance à s’espacer en été, provoquant canicule et… plus de sécheresse. Et quand les nuages daignent enfin s’amonceler, les averses sont plus violentes et provoquent des inondations.

Bien entendu, cela n’arrange pas les affaires de la végétation, car leurs racines restent à sec. Heureusement, il  nous reste les forêts ; en Wallonie, elles occupent un tiers du territoire. Un véritable poumon vert ! Pourtant, nos forêts doivent faire face à d’autres problèmes. Ces dernières années, de nombreux épicéas ont été attaqués par des scolytes, aussi appelés bostryches typographes. Une fois un foyer de scolytes identifié, la seule solution est d’abattre les arbres infectés pour éviter que ces petites bêtes ne s’attaquent aux suivants. Encore faut-il le remarquer à temps ! Et les changements climatiques ne sont pas étrangers à ces attaques.

Selon une étude américaine, les hivers plus doux favorisent la survie des insectes xylophages ainsi que la disparition de certains oiseaux nicheurs, qui représentent des prédateurs potentiels pour ces insectes. Sans prédateurs naturels, ils se reproduisent rapidement et diminuent la biodiversité des forêts en s’attaquant à certaines essences, comme l’épicéa, un arbre qui n’est à la base pas originaire de nos contrées. À l’heure actuelle, un tiers de nos forêts wallonnes contiennent des essences indigènes qui conviennent à un climat tempéré, car plus de 300 000 hectares de résineux ont été plantés pour subvenir à nos besoins en bois.

De plus, certaines essences sont plus sensibles aux changements climatiques que d’autres ; si le robinier, le merisier et le tilleul connaissent une croissance plus forte avec la hausse de température, il n’en va pas de même pour le hêtre, le chêne pédonculé ou encore le frêne. Comme le montre un article publié par le Professeur Claessens (Gembloux Agro-Bio Tech), la meilleure façon d’aider les forêts reste l’adaptation. Pour cela, il préconise plusieurs mesures : cultiver les essences uniquement dans un environnement qui leur convient tout en favorisant la biodiversité (pour éviter la consanguinité), renouveler les arbres utilisés en sylviculture en les coupant plus jeunes et surtout mieux gérer les réserves d’eau des sols.

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Pour garder des forêts en bonne santé, il faut donc les aider à s’adapter et les rendre plus résilientes. Le gouvernement wallon encourage donc les propriétaires de forêts (publiques ou privées) à participer à ce nouveau projet pilote avant le 30 juin 2021. Pour y prendre part, les propriétaires doivent posséder une parcelle de minimum 25 ares située en zone forestière et ne pas bénéficier d’autres aides à la plantation. Ils s’engagent alors à cultiver minimum 3 essences adaptées aux changements climatiques telles que l’aulne glutineux, le bouleau pubescent, le chêne sessile, le charme, le merisier ou encore le tilleul à grandes feuilles. Pour plus d’informations, consultez ce document.

Afin d’aider les propriétaires, un montant minimal de 2000€  (et de maximum 3000€) sera accordé aux projets sélectionnés. Chacun sera évalué par un comité de suivi afin de vérifier qu’il répond à tous les critères. Si ce projet vous intéresse, rendez-vous sur le site foretresiliente.be.

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