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L’heure de l’invasion a-t-elle sonné ?

Saviez-vous que les plantes et les animaux peuvent, à l’image de l’homme, prendre l’avion pour se rendre à l’autre bout du monde ? Voilà comment quelques espèces étrangères, rapportées volontairement ou non, ont pu conquérir nos terres. Bien qu’elles apportent une certaine hétérogénéité dans notre biodiversité, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles dérèglent complètement son fonctionnement. Qui sont réellement ces inquisiteurs qui sont loin de faire l’unanimité ? Réponse dans cet article. 

Derrière une apparence trompeuse, certaines espèces se révèlent être de véritables dangers. Etienne Branquart, membre actif de la  « Cellule interdépartementales Espèces invasives » au niveau du Service Public de Wallonie, ne nous dira d’ailleurs pas le contraire. En effet, il maîtrise parfaitement la connaissance des espèces qualifiées d’invasives ou encore d’exotiques envahissantes. 

Prochaine escale : la Belgique !

Suite à la multiplicité des échanges commerciaux et à la libre circulation des denrées à travers le monde, il n’a pas été compliqué pour les plantes et les animaux de se faufiler dans nos bagages. Importées par notre volonté ou par accident, ces espèces ont pour la plupart parcouru de nombreux kilomètres pour arriver jusque chez nous. Etienne Branquart souligne justement ce point : « les espèces exotiques envahissantes qui prolifèrent en Belgique proviennent d’autres régions du monde présentant des conditions éco-climatiques semblables aux nôtres. Elles sont majoritairement originaires d’Amérique du nord et d’Asie orientale ». Écrevisse de Louisiane, érodée du Canada, grenouille taureau, raton laveur, coccinelle et frelon asiatiques sont autant d’espèces qui ont fait le choix du voyage. Si leur présence dans leurs pays respectifs ne pose généralement pas de problème, leur arrivée sur notre territoire constitue une menace importante pour la biodiversité et l’équilibre de nombreux écosystèmes.

Ainsi, le spécialiste du SPW les décrit comme des espèces qui tendent surtout à se multiplier, à se répandre dans leur nouvel environnement, en y exerçant des dommages sur la faune et la flore en place. Attention, espèces étrangères ne riment pas forcément avec espèces invasives. Cette dernière dénomination est attribuée à une espèce sur base de deux facteurs : l’importation par l’homme et la capacité à produire des nuisances. Pouvant être animale ou végétale, sa forte habilité à la reproduction et sa très bonne aptitude à la dispersion font d’elle une espèce redoutable. Mais quels sont réellement les dangers encourus par notre faune et notre flore belge ? 

Le bouleversement de tout un écosystème

Le risque que les plantes exotiques brûlent et étouffent les plantes indigènes, que les plantes aquatiques asphyxient des populations entières de végétaux, qu’une grenouille élimine les autres amphibiens de son plan d’eau, voilà quelques exemples de nuisances possibles chez nous. Monsieur Branquart nous le confirmait d’ailleurs : « elles peuvent provoquer la régression et prendre progressivement le pas sur les espèces indigènes par différents mécanismes ». Ces derniers prennent la forme de compétitions entre espèces, de prédation, d’hybridation et de transmission de nouveaux agents pathogènes fatals. Le bouleversement des écosystèmes se fait aussi ressentir par la perturbation des chaînes alimentaires, l’enrichissement d’un milieu en nutriments, son appauvrissement en oxygène (milieux aquatiques) ou par l’affectation de la pollinisation des plantes. En l’absence de leurs ennemis naturels, leur compétitivité et leur voracité sont multipliées. 

Pour certains animaux et végétaux belges, la cohabitation ne peut plus durer. La situation est à prendre au sérieux : les espèces exotiques envahissantes constituent la seconde menace la plus importante sur la biodiversité mondiale.

L'écrevisse de Louisiane endommage fortement les digues en creusant son réseau de galeries, détruit la végétation aquatique et accroît la turbidité de l’eau. Elle est également porteuse saine d’un champignon parasite fatal aux écrevisses locales. 

 

Préserver les espèces indigènes

Le destin d’une partie de notre faune et flore est-il pour autant scellé ? Pas vraiment. La Belgique, tout comme d’autres pays européens, s’inscrit depuis plus de 10 ans dans un programme d’action contre ces invasions dont la première action, la plus importante, est la prévention d’espèces qui pourraient s’avérer dommageables. La rapidité d’identification joue ici un rôle clé et permet d’éviter bien des ennuis. Une vision que partage notre expert : « au plus on intervient tôt, au plus on gagne en efficacité ! ». Dans le cas échéant et pour éviter tous les désagréments précités, il serait prudent d’éradiquer de manière précoce les espèces exotiques récemment introduites. Et enfin, pour les espèces déjà installées, on tente d’établir un contrôle pour les contenir et éviter leur propagation.

Si vous avez observé une espèce exotique envahissante alors votre témoignage sera le bienvenu ! Après avoir joint une photographie, il vous sera possible d’encoder vos données et découvertes sur le site de la biodiversité en Wallonie. Grâce à votre déclaration, des mesures de gestion appropriées pourront être prises rapidement et d’une manière efficace

Le frelon asiatique, introduit accidentellement en France en 2005, n’a cessé de coloniser des territoires toujours plus nombreux. Prédateur des abeilles domestiques, il contribue à l’affaiblissement des ruchers.

 

Vous l’aurez compris, une large diversité au niveau de la faune et de la flore est une bonne chose mais dans une certaine mesure et avec un contrôle adéquat afin d’éviter un dysfonctionnement de nos espèces et permettre à chaque individu de vivre en harmonie dans notre si belle nature.

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